Occident – 22-28/01/2024

# Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine, fut le théoricien du communisme et le fondateur de l’Union soviétique. Mort il y a un siècle, le 21 janvier 1924 à Gorki, au sud de Moscou. (The Times +International Herald Tribune +L’Histoire +El Mundo +Books)

# “Génie politique, Lénine a été l’inventeur d’un système de pouvoir sans équivalent dans l’histoire du 20ème siècle.” Revenons vers Hélène Carrère d’Encausse (cf. Occident 18-24122023), grande historienne de la Russie, qui fut Secrétaire perpétuel de l’Académie française pendant près d’un quart de siècle. Extraits de son entretien avec Le Figaro Littéraire du 3 septembre 1998, à l’occasion de la parution de sa biographie “Lénine. Le chef de sang et de fer” (Fayard) : « (…) Lénine est un bourgeois qui aime le confort. (…) Les femmes lui ont toujours été nécessaires, d’ailleurs il ne se disputait jamais avec elles alors qu’il s’est fâché avec tous ses proches. (…) Dès qu’il accède au pouvoir, il pratique la cruauté tout court. Il ne faut pas oublier que c’est lui qui a fait gazer des paysans. Bien sûr, Hitler était un monstre ! Mais Lénine a fait monter des paysans dans des camions pour être gazés. C’était en 1920. (…) »

# “Le père du centralisme démocratique, c’est bien lui. Le maniaque de l’exclusion, c’est déjà lui.” Dans le quotidien Libération du 8 octobre 1998, Jacques Amalric (1938-2021), qui fut directeur de la rédaction (aussi rédacteur en chef du journal Le Monde) : « De tous les grands acteurs de la tragédie soviétique, c’est Lénine qui a longtemps le mieux tiré son épingle du jeu de l’Histoire : embaumement, mausolée, sanctification, vénération. Epargné par les révélations très sélectives du rapport Khrouchtchev de 1956, son mythe sortit même fortifié de l’épreuve tandis qu’une légende s’installait dans les esprits : les dérives sanglantes du soviétisme étaient définitivement l’œuvre de Staline, (…). » (Le Monde)

# “Les derniers secrets de Lénine.” Révélations du général et historien russe Dmitri Volkogonov (1928-1995), qui fut le directeur de l’Institut d’Histoire militaire de Moscou. Ayant eu accès aux archives de Lénine, classées top secret, il a signé “Le Vrai Lénine” (Robert Laffont, 1995). S’exprimant dans l’hebdomadaire Le Nouvel Observateur du 1er-7 mai 1995 : « (…) l’historiographie officielle n’était qu’un tissu de mensonges. (…) le premier camp de concentration a été ouvert à peine 8 mois  après la révolution, en juillet 1918. (…) Puis des centaines d’autres sont apparus tels des champignons après la pluie. (…)  Et on estime désormais que sous Lénine environ un million de personnes sont mortes dans les camps ou ont été exécutées pour antisoviétisme. (…) »

# “La Russie soviétique n’a pas attendu Staline pour connaître le Parti-Etat, la terreur, les camps, la famine. Lénine avait déjà montré la voie.” Dans l’édition du 13-19 juillet 1995 du même hebdomadaire, l’historien François Furet (1927-1997), connu pour son immense travail sur la Révolution française et aussi son ouvrage “Le Passé d’une illusion. Essai sur l’idée communiste au 20ème  siècle” (1995) : « (…) Lénine a été un grand épistolier ; et comme il n’a pas eu d’autre chose à faire, jusqu’à 47 ans, que de lire et d’écrire, il a laissé, à côté de ses pamphlets philosophiques ou politiques, des milliers de lettres. A partir d’elles, Volkogonov fait très bien revivre le personnage d’émigré à idée fixe que figure Lénine à Genève, à Paris, à Zurich ou à Cracovie au long de ces années. (…) Le plus intéressant de cette correspondance concerne l’obsession révolutionnaire, qui emplit des journées oisives en apparence mais pleines d’une pensée unique, qui annonce le régime futur : le Parti et rien que le Parti, instrument d’une prophétie historique. (…) le Lénine de Volkogonov déploie bien ce génie étroit et fanatique, cette férocité abstraite qui en fait le fondateur d’un régime inédit dans l’ordre de la terreur. (…) » (à lire : Alexandre Soljenitsyne, “Lénine à Zurich”, 1975) ***

Bruxelles, 22-28 janvier 2024 / 360

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