Occident – 28/05/2023

Rufino Tamayo/ Murales/ Dualidad, (1964).

# “Le dernier dinosaure de la littérature.” (L’Obs) Originaire du Pérou, naturalisé espagnol il y a 30 ans, Mario Vargas Llosa décrocha le prix Nobel de littérature en 2010. En novembre 2021, il fut élu membre de l’Académie française, pour occuper le fauteuil 18 de la prestigieuse institution abritant les dignitaires de la langue de Molière. Le 9 février dernier, Juan Carlos Ier, roi émérite d’Espagne, assistait à la cérémonie de réception sous la Coupole, à Paris. (RTVE +academie-francaise.fr +The Nobel Prize -Stockholm+Cátedra Vargas Llosa +Instituto Cervantes -Madrid+El Comercio -Perú)

# Deux particularités sur cet illustre péruvien. Il n’a jamais écrit en français (il le parle couramment, ayant immigré en France en 1959 : « Jean-Paul Sartre, Albert Camus et Simone de Beauvoir m’ont sauvé du stalinisme qui alors, sous la tutelle de Moscou, dominait les partis communistes latino-américains »). Et son élection a été réalisée alors que la limite d’âge des candidat(e)s, qui a été fixée à 75 ans dans un nouveau règlement, était dépassée d’une dizaine d’années… (Le Figaro +RFI+Le Monde +EFE )

# “Une redoutable machine narrative.” (Babelio) C’est autour du putsch militaire de juin 1954 au Guatemala, “un épisode-clé de la guerre froide”, qu’il a signé, en 2021, un grand roman politico-historique, “Temps sauvages”. Précisant sur le site web de son éditeur, Gallimard : « (…) C’est un publiciste, Edward Bernays, qui a monté cette opération de fake news, de mensonges, pour justifier une opération militaire des États-Unis contre Jacobo Árbenz [président depuis mars 1951]. (…) c’est l’un des premiers cas où les fake news ont été massivement utilisées, plus pour convaincre l’opinion américaine que l’opinion guatémaltèque. La vérité, c’est qu’à l’exception d’une petite minorité de grands propriétaires terriens touchés par les réformes, la majeure partie de la population guatémaltèque soutenait Árbenz. (…) En fait, le Guatemala n’a jamais couru le danger de tomber entre les mains des Soviétiques. Les premiers surpris ont peut-être été les Soviétiques eux-mêmes, qui n’avaient même pas de consul dans ce pays. (…) L’opération fut d’autant plus inattendue que beaucoup de pays d’Amérique latine étaient alors des dictatures ménagées par les États-Unis, tandis que le Guatemala était un pays démocratique. (…) La vraie raison en était que la United Fruit Company, cette entreprise bananière qui possédait d’immenses terres en Amérique centrale et en Colombie, vivait dans la peur que son pouvoir illimité ne soit un jour réduit. (…) ce sont les documents nord-américains eux-mêmes qui permettent d’expliquer en détail les opérations militaires et politiques par lesquelles la United Fruit a défendu ses intérêts au Guatemala. » (Le Monde diplomatique)

# “La catastrophe date de là.” Sur le même sujet, lors d’un entretien avec le quotidien français Les Echos : « (…) C’est un épisode tragique qui a conditionné la perception de la démocratie en Amérique latine pendant des décennies. Cela a encouragé la gauche révolutionnaire, inspirée par l’exemple de Cuba, à prendre le dessus sur la gauche démocratique. Pendant vingt ans, des milliers de jeunes se sont fait tuer par des militaires. (…) » On se souviendra que l’écrivain hispano-péruvien, avant de déclarer que « la démocratie est le produit du libéralisme », a eu plus que des faiblesses cubaines à la grande époque de Fidel Castro… (El País)

# Dans le même journal, une citation de celui qui devenu un “Immortel” : « L’Europe, où est née la démocratie, doit défendre ses conquêtes. » ***

Bruxelles, 22-28 mai 2023 / 339

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