Occident – 02-08/02/2026

Attribué à Pierre Mignard (1612-1695). Françoise Marguerite de Sévigné, comtesse de Grignan (1648-1705). Paris, musée Carnavalet.

Bruxelles, 02-08 février 2026 / 434

# Il y a quatre siècles… 5 février 1626 : au centre de Paris, naissance de Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné, plus connue comme Madame de Sévigné. Elle allait devenir une célèbre épistolière (Lettres à sa fille à partir de 1648), marquant les lettres françaises du 17ème siècle. Victime de la variole, elle mourut le 17 avril 1696. (Encyclopædia Universalis +Académie de la Poésie Française +Bnf Les Essentiels)

# “Le mystère Sévigné.” L’écrivain et théoricien de la littérature Philippe Sollers (1936-2023) a rédigé la préface des “Lettres de Madame de Sévigné. Images d’un siècle”, publiées aux éditions Scala (Paris), en 1992. Contenant de nombreuses illustrations du 17ème siècle, un choix de lettres présentant “la séductrice, la mère, la gazetière ou la femme d’affaires, et surtout l’écrivain” : « (…) Au fond, la marquise ne connaît pas d’autre grâce que celle d’être née, elle la trouve complète. (…) Elle sait d’instinct que la mélancolie et la tristesse sont déjà le commencement du doute ; que le doute est le commencement du désespoir, et que le désespoir est le commencement cruel des différents degrés de la méchanceté. C’est parce qu’elle ressent consciemment toutes les impulsions de la cruauté la plus vive, le Mal, qu’elle sait qu’on peut être juste si l’on n’est pas humain. (…) Nous voici en 1696 : Madame de Sévigné meurt en avril, et La Bruyère en mai. La Fontaine a disparu l’année précédente. Saint-Simon a 21 ans. Le futur auteur du Siècle de Louis XIV, lui, qui ne s’appelle pas encore Voltaire, a deux ans. » (Occident 24-30032025+Lexnews.fr )

# “Célèbre sans avoir jamais rien publié, demeure sans doute l’écrivain français le plus cité et le moins connu.” Il fut aussi un spécialiste de Marcel Proust. Chargé de l’introduction, la chronologie, les notes et les archives des Lettres, parues en 1976 chez Garnier-Flammarion (Paris), l’éditeur et journaliste Bernard Raffalli (1941-2002), maître de conférences à l’université Paris-Sorbonne : « (…) Chaque lettre en particulier obéit à cette loi unique de n’en connaître aucune : élans du cœur, commérages, cris d’angoisse et badinage, méditation religieuse et critique littéraire, comptes, recettes de cuisine, conseils de médecine, tout le tissu de la vie pénètre dans la libre forme de la lettre, mais d’une lettre qui se moque bien des règles épistolaires (…). contester à Mme de Sévigné sa qualité d’auteur à part entière. Comme si, pour appartenir à la littérature, il suffisait de recourir à un langage fictif tel que le roman, la tragédie, l’ode et peut-être le genre épistolaire lui-même. Comme si le seul fait de la publication constituait l’écrivain. (…) Aux mots est délégué tout le pouvoir de suppléer au vide cruel d’une existence ressentie comme une vacuité. (…) Chaque paragraphe qui se clôt est une mort provisoire qu’il faut aussitôt déjouer par le renouvellement du propos. Chaque lettre attend la suivante. Le plein aspire à remplir tout le creux du réel. Finalement, tel qu’il se présente, dans ses lacunes et dans son inachèvement, le livre des Lettres se lit comme une des plus belles tragédies de la parole qui soient. (…) » (Libération)

# “Une formidable photographie du Grand Siècle dont l’héroïne est une témoin privilégiée.” (Le Figaro) Enseignant la littérature française de l’Âge classique à l’université d’Orléans, Geneviève Haroche Bouzinac a reçu le prix Goncourt de la Biographie 2024 pour “Madame de Sévigné” (Flammarion, 2023). Dans son avant-propos : « (…) Suivre l’itinéraire de la marquise de Sévigné, c’est la considérer dans l’histoire des femmes, la place des veuves et des mères dans le siècle de Louis XIV. C’est aussi la dépeindre au cœur d‘une histoire des sentiments explorée par les moralistes de son temps : les amitiés féminines et masculines auxquelles elle est fidèle jusque dans la gloire ou l’adversité. (…) Elle valorise, à chaque occasion, le sentiment de gratitude dans une société où les réseaux d’influence conditionnent en partie la faveur. (…) » (POLEN – Orléans+Babelio +Société des Amis de Versailles +Fabula -Paris) ***

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