Bruxelles, 09-15 mars 2026 / 438
“Le père de l’économie politique.” Il y a 250 ans… 9 mars 1776 : en deux tomes, l’économiste et philosophe britannique Adam Smith publiait à Londres “Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations“. Il mourut en 1790. (L’Expansion)
# “Le père du libéralisme économique et de l’État libéral.” Dans leur volumineux “Comprendre les théories économiques” (Seuil, 4ème édition mise à jour en 2011), le directeur de recherche émérite au CNRS Jean-Marie Albertini (1929-2014), pionnier de la recherche en pédagogie de l’économie, ainsi qu’Ahmed Silem, professeur des universités, ont consacré de nombreuses pages à celui qui a rédigé “le livre fondateur de la pensée libérale” : « (…) Adam Smith naquit en Écosse en 1723, à la veille de la révolution industrielle. Au départ, l’économie ne le tente guère. (…) C’est un livre complexe, et souvent obscur. Il fait le point des connaissances économiques de l’époque, polémique, décrit le monde de Smith, moralise quelquefois et, au détour, règle des comptes ou se complaît dans d’amusantes boutades. “La Richesse des nations” n’affirme que rarement des règles absolues. Smith n’est ni un doctrinaire ni un utopiste. Il adore les digressions et les anecdotes ; quand il affirme un principe, il multiplie immédiatement les exceptions. (…) Il prône le libéralisme, condamne l’intervention gouvernementale, démontre que la liberté est la condition du progrès. (…) » (Canal-U +Cairn.info +Occident 11-17092023)
# “Aux yeux d’Adam Smith, chercher à s’enrichir au-delà d’un certain confort était absurde et même pathologique.” Il fut l’un des leaders du mouvement Occupy Wall Street (manifestation pacifique). Professeur à la London School of Economics, l’anthropologue David Graeber (1961-2020) a offert un essai intitulé “Dette : 5000 ans d’histoire”, paru à New York, en 2011, traduit en français en 2013, aux éditions Les Liens qui libèrent (Babel 1385) : « (…) une théorie des motivations humaines : selon lui, la principale, pour la grande majorité des gens, est de faire l’objet des attentions et de la sympathie des autres. On aspire à la richesse parce qu’on sait que les autres sont plus attentionnés envers les riches. Voilà pourquoi Adam Smith pensait qu’un marché libre pourrait améliorer le sort de tous : il était convaincu que les êtres humains ordinaires ne seraient pas industrieux, ni avides de s’autoglorifier, au point de continuer à chercher leur propre avantage une fois atteinte une certaine aisance – autrement dit, qu’ils n’accumuleraient pas ensuite l’argent pour l’argent. (…) » (David Graerber Institute +Politico -Arlington (USA)+The Conversation +Le Figaro Économie)
# “Né de la finance et du négoce dans des cités-États d’Europe.” Professeur émérite à l’université Paris-7, l’économiste Michel Beaud a signé, au Seuil, “Histoire du capitalisme. 1500-2010” (sixième édition mise à jour, 2010). Ouvrage traduit en plusieurs langues, dont le chinois, le brésilien, le coréen, le turc et le japonais : « (…) Dans sa Théorie des sentiments moraux (1759), A. Smith s’efforce de justifier l’ordre social fondé sur la recherche des intérêts individuels ; il souligne et approfondit la notion de sympathie ; il justifie la jouissance de la grandeur et des richesses dont bénéficient quelques-uns (…). Fermant les yeux sur la tragique misère qui l’entoure, il va jusqu’à écrire des pauvres : “Pour tout ce qui constitue le véritable bonheur, ils ne sont inférieurs en rien à ceux qui paraissent placés au-dessus d’eux. Tous les rangs de la société sont au même niveau, quant au bien-être du corps et à la sérénité de l’âme, et le mendiant qui se chauffe au soleil le long d’une haie possède ordinairement cette paix et cette tranquillité que les rois poursuivent toujours.” (…) » (Le Devoir -Québec+Revue internationale de philosophie -Belgique+Reuters) ***


