Bruxelles, 16-22 février 2026 / 436
“Iran. Massacre à huis clos.” (Courrier international ) / “La liberté ou la mort. L’héroïsme des Iraniens contre les mollahs.” Titre en couverture de l’hebdomadaire Le Point du 15 janvier 2026. Avec une photo de manifestants brandissant l’ancien drapeau de l’Iran, celui en vigueur avant la République islamique… De l’ancien directeur du magazine, Franz-Olivier Giesbert, un éditorial virulent : « (…) parce qu’elle faisait corps avec le Hamas et le Hezbollah, ses deux bras armés au Proche-Orient dans sa lutte incessante contre Israël, la République islamique d’Iran n’a cessé de bénéficier d’un préjugé favorable chez tous les “idiots utiles” de l’islamisme en Occident. (…) Boussoles à l’envers, nos chers intellectuels célébraient en transe, il y a 47 ans, ce “vieux saint” de Khomeiny, principal ennemi du chah, (…). la mollahrchie tracassière et corrompue allait enfoncer le pays dans les ténèbres et le transformer en bagne à ciel ouvert, avec deux pendaisons – souvent publiques – par jour, pourvu qu’elle luttât sans répit contre l’Occident, sa démocratie, sa liberté d’expression et leur pointe avancée au Proche-Orient, l’État hébreu. (…) L’Iran ne méritait en aucune façon de sombrer dans cette mollahrchie sanguinaire et bigote sinon idiote, alors qu’il est l’héritier d’une grande civilisation, l’Empire perse, inventé au 6ème siècle avant notre ère par Cyrus le Grand (…). cet homme fait toujours l’objet d’un culte en Israël pour avoir libéré les Juifs déportés à Babylone. (…) » (Morning Femina -Paris+à lire : Nazir Fansa, “Téhéran, destin de l’Occident”, Pierre Saurat éditeur, Paris, 1987)
# “Reza Pahlavi, le recours.” Le fils de l’ancien chah, Mohammad Reza Pahlavi (1919-1980), apparaît dans une image sur X, datée du 7 janvier. Il porte une chemise blanche et une cravate, un “signe occidental” proscrit en République islamique. Son portrait pour Le Point est dressé par le grand reporter franco-iranien Armin Arefi, qui a été correspondant en Iran pour des médias français pendant deux ans. En 2019, il a signé, chez Plon, “Un printemps à Téhéran. La vraie vie en République islamique” : « (…) Son voyage le plus marquant a lieu en avril 2023 en Israël, où il est reçu par le Premier ministre, Benyamin Netanyahou. Sa principale entrevue avec un chef de gouvernement. Une rencontre que lui reprochent encore aujourd’hui ses adversaires, pointant le fait qu’il est l’un des rares opposants iraniens à refuser de condamner l’intervention militaire israélienne lors de la “guerre des douze jours” en juin 2025. (…) » (Babelio +Lisez ! +La Règle du Jeu -Paris+LinkedIn) Armin Arefi a aussi rédigé, en 2 pages : “Le crépuscule de l’ayatollah Khamenei”, l’actuel guide suprême.
# “Le régime iranien (…) est condamné dans sa forme théocratique.” Rédacteur en chef de la revue Orients stratégiques, David Rigoulet-Roze est chercheur à l’Institut français d’analyse stratégique. Sous sa direction et celle d’Ata Ayati est paru l’ouvrage “La République islamique d’Iran en crise systémique”, publié chez L’Harmattan en 2022. D’un entretien avec Guillaume Perrier : « (…) un processus démocratique institutionnel encadré avec Reza Pahlavi (…). Ce serait l’option qui satisferait les Occidentaux et répondrait aux aspirations du peuple iranien, mais c’est loin d’être assuré. (…) Si c’est le scénario qui se dessine, cela permettra la réintégration de l’Iran dans le concert des nations. Téhéran ne sera plus l’ennemi d’Israël , ce qu’il n’est devenu qu’en 1979. (…) L’autre option serait celle d’une junte militaro-islamique. (…) une forme de “pinochétisme islamique” pour stabiliser le pays. Cela implique le réinvestissement du nationalisme iranien, ce qui permettrait aux gardiens de la révolution de se maintenir au pouvoir et de pérenniser leur contrôle économique. (…) Ce ne serait évidemment pas une adhésion aux valeurs démocratiques, ni un changement par rapport à Israël. Ce serait un aggiornamento du régime. Avec la variable Trump (…). Cette option n’est pas nécessairement irréaliste. (…) » (Politique étrangère +Institut Jean Lecanuet -Paris) ***


