Bruxelles, 18-24 mai 2026 / 446
“Pouvoir. Où sont les femmes ?” Titre d’un dossier publié le 25 mars 2026 par Le 1 hebdo (n°586). Quatre femmes pour en parler.
# “J’ai moi-même dirigé une coalition de cinq partis, tous tenus par des femmes.” Témoignage de Sanna Marin, qui fut Première ministre de la Finlande, à 34 ans, de décembre 2019 à juin 2023, après avoir été conseillère municipale social-démocrate, députée et ministre des Transports et des Communications : « (…) ce pays fut aussi le premier au monde à accorder l’entièreté des droits politiques – non seulement le droit de vote mais aussi celui d’être éligible – aux femmes, en 1906. L’année suivante se tenaient les premières élections au monde où des femmes étaient élues députées. (…) En tant que femme politique ayant gravi les échelons jusqu’à diriger un gouvernement, j’ai dû m’endurcir. Internet et les réseaux sociaux fourmillent de toutes sortes d’opinions et de déclarations misogynes violentes et virulentes, et j’en ai fait les frais. (…) derrière les avancées civiques et politiques, notre pays demeure malheureusement l’un des plus violents d’Europe envers les femmes. (…) Et en Finlande, comme partout ailleurs dans le monde, l’écart salarial entre hommes et femmes se fait toujours au détriment de ces dernières. (…) » (Tony Blair Institute for Global Change -London +La Croix +Forbes +Time -USA+Madame Figaro)
# “Il faut que les filles sentent que tout est possible !” Professeure émérite d’histoire contemporaine à l’université Paris-Diderot, Michelle Perrot a dirigé, avec l’historien Georges Duby, une volumineuse “Histoire des femmes en Occident” (Plon, 1990-1991) : « (…) Il faut tout de même rappeler que la Révolution française, si elle n’a pas donné de droits civiques et politiques aux femmes, leur a néanmoins accordé des droits civils : celui d’hériter à égalité avec leurs frères ou celui de divorcer. C’est Napoléon qui, plus tard, va provoquer un retour en arrière en remettant la famille patriarcale au centre de la société. (…) Aux États-Unis et en Grande-Bretagne, les dames d’œuvres des années 1830-1840 furent souvent les mères des féministes de la génération suivante. (…) La société dans son ensemble comporte encore beaucoup de misogynie, une tendance qui est même renforcée par l’essor de mouvements masculinistes. (…) (Occident 25-30112019+Occident 25-31032024)
# “La place des femmes au sein du pouvoir religieux.” Sophie Gherardi a été rédactrice en chef au journal Le Monde et à l’hebdomadaire Courrier international. Elle a cofondé et dirige le Centre d’étude du fait religieux contemporain, à Paris : « (…) L’annonce est tombée le 7 janvier dernier : pour la première fois depuis 1534 et la fondation de l’Église anglicane, l’archevêque de Canterbury est désormais une femme. Sarah Mullally, 64 ans, est devenue la plus haute responsable de l’Église d’Angleterre et la cheffe spirituelle de la communion anglicane, qui rassemblait alors plus de 110 millions de fidèles dans le monde. (…) » (Cefrelco +Babelio +Vatican News +BBC)
# “Le matriarcat pourrait offrir une alternative concrète à la démocratie.” Chercheuse à l’université italienne de Trente, la sociologue Andrea Fleckinger : « (…) le matriarcat – que l’on pourrait traduire par “au commencement, les mères” – est un système de société organisée autour des lignées maternelles. (…) Aujourd’hui, seule une vingtaine de sociétés matriarcales résistent encore dans le monde, avec difficulté. (…) C’est un point commun à toutes les sociétés matriarcales : on décide sur la base du consensus. (…) Même en Europe, les sociétés matriarcales ont laissé des traces. Et leurs valeurs reviennent au goût du jour dans de nombreux domaines. La mise en place d’initiatives fondées sur la démocratie participative, par exemple, consiste en un retour vers un système matriarcal. (…) » (MatriForum -Potsdam/Allemagne) ***


