Occident – 18-24/09/2023

# 23 septembre 1973 : décès du poète Pablo Neruda au Chili. Il y a 50 ans, la disparition du Prix Nobel de littérature 1971, étant alors ambassadeur de son pays en France, intervenait peu après le putsch du général Pinochet… Sa mort est encore entourée de mystère, présentée officiellement comme la conséquence d’un cancer. Depuis de nombreuses années, on évoque surtout un assassinat par empoisonnement. Il était membre du Parti communiste depuis juillet 1945… (Fundación Pablo Neruda -Santiago de Chile+Le Nouvel Observateur+Poetry Foundation -Chicago)

# “Quand sa mort survient (…), Pablo Neruda est déjà une figure presque mythique des lettres latino-américaines (…).” Critique littéraire et linguiste, le traducteur de l’espagnol Antoine Berman (1942-1991) s’était chargé de rédiger l’article sur Neruda dans le fameux “Dictionnaire des Auteurs” (Robert Laffont, 1983), plus connu sous l’appellation Laffont-Bompiani : « (…) Engagement politique (…), intense vie amoureuse, immenses voyages de par le monde [consul dans plusieurs pays d’Extrême-Orient, en Espagne, séjours à Cuba, au Mexique,…], tout, chez Neruda, est vitalité humaine, épique, cosmique, tellurique. Et c’est cette vie multiple, généreuse, inlassable, qui prend voix dans ses poèmes. L’œuvre elle-même est immense. (…) Sa fécondité intarissable fait penser aux géants du Siècle d’Or espagnol. (…) » (Érudit -Montréal+INSEE )

# “Sa poésie est simple car elle doit être accessible à tous, toujours expressive et efficace car elle doit frapper la sensibilité et susciter la révolte.” Publié en 1950, le monumental “Chant général” (Canto general ) fut son « livre le plus important. » Au chant 9, des 15 écrits, un appel à la paix adressé aux Nord-Américains : « Mon frère Juan vend des souliers / comme ton frère John, / ma sœur Juana pèle des patates / comme ta cousine Jane / et mon sang est mineur et marin / comme ton sang, Peter. » (“Dictionnaire des Oeuvres”, Laffont-Bompiani , Robert Laffont, 1990)

# ” Ce sera toujours ma fierté d’avoir été choisi [élu sénateur de la République, en mars 1945] par des milliers de travailleurs de la région la plus pauvre du Chili, la grande région minière du cuivre et du salpêtre.” En 1974, on lisait dans ses mémoires posthumes, “J’avoue que j’ai vécu” (Confieso que he vivido) : « (…) Durant longtemps les sociétés d’exploitation du salpêtre ont constitué de véritables dominions, fiefs ou royaumes dans la pampa. Anglais, Allemands et envahisseurs de toute sorte barricadèrent les territoires auxquels ils donnèrent le nom d’oficinas. Ils imposèrent une monnaie, interdirent toute réunion, prohibèrent les partis politiques et la presse populaire. On ne pouvait entrer sur ces zones minières sans un sauf-conduit, qui n’était accordé qu’à quelques rares privilégiés. (…) Parfois les plaintes présentaient un caractère qu’un étranger aurait peut-être jugé comique, capricieux et même grotesque. Par exemple, la pénurie de thé pouvait déclencher une grève aux conséquences incalculables. Des besoins aussi londoniens dans une région désolée sont-ils vraiment concevables ? Il faut bien avouer que le peuple chilien ne peut vivre sans prendre plusieurs fois par jour sa tasse de thé. Quelques-uns de ces ouvriers aux pieds nus, qui me demandaient avec angoisse pourquoi ce breuvage exotique mais indispensable manquait, invoquaient en guise d’excuse :  ̶  Vous savez, quand nous n’en buvons pas, nous avons des migraines épouvantables. (…) » (Gallimard +Lire) ***

Bruxelles, 18-24 septembre 2023 / 348

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