Bruxelles, 11-17 mai 2026 / 445
Japon. Le 8 février dernier, élections législatives anticipées et large victoire du Parti libéral-démocrate, avec 316 sièges sur 465. A 65 ans accomplis le 7 mars, la populaire Première ministre Sanae Takaichi, après de nombreuses années d’expérience ministérielle (Affaires intérieures et des Communications, politique scientifique, technologique et spatiale, etc.) a décroché un succès historique pour le PLD. Elle en était présidente depuis le 4 octobre 2025, devenant la première femme cheffe du gouvernement nippon le 21 du même mois. (Courrier international +The Japan News)
# Lecture du n°200 (avril-mai 2025) du bimestriel Manière de voir (Monde diplomatique) intitulé “Japon. Extrême Orient ou Extrême Occident ?”
# “Extrême-Occident.” Entré à la rédaction du quotidien Le Monde en 1947, Robert Guillain (1908-1998) a été un spécialiste de l’Asie en France. Janvier 1962, il écrivait : « (…) C’est l’Extrême-Occident, parce que ce pays éloigné a complètement adopté la civilisation occidentale, en “coexistence” avec ses traditions orientales, parce qu’il vit chaque jour plongé dans cette civilisation, ne serait-ce que dans ses aspects matériels et ses méthodes économiques. (…) Parce qu’il est pour l’Occident une position avancée, voisin des deux géants chinois et russe. (…) Et aussi parce qu’il est souvent oublié comme un bout du monde auquel l’Europe et l’Occident négligent de penser, ou qu’ils hésitent à inclure dans leur univers. » (Persée)
# “Un « porte-avions insubmersible » pour les États-Unis.” Elle a co-signé chez Fayard, en 2009, “L’Occident malade de l’Occident”. Responsable du secteur Asie, Martine Bulard, rédactrice en chef adjointe du Monde diplomatique depuis 2002 (jusqu’en 2024), posait la question suivante en juin 2010 : « (…) Le Japon serait-il une sorte de Fort Alamo protégé par les seuls États-Unis ? Aussi caricaturale soit-elle, l’image fait florès chez les élites tokyoïtes, souvent américanophiles. (…) C’est en nation vaincue que le pays avait adopté, en 1946, sous la férule du général Douglas MacArthur, une Constitution pacifique qui lui interdit de “faire la guerre” – même si, au fil du temps, s’est reconstituée une armée baptisée “forces d’autodéfense”. Le Traité de sécurité américano-japonais, conclu en 1951 à San Francisco et renégocié en 1960, a entériné la présence militaire américaine (jusqu’à 260.000 personnes) et la dépendance de Tokyo vis-à-vis de Washington. (…) Dans son discours devant les cadres de l’académie de défense nationale, le 22 mars 2010, M. Hatoyama [Premier ministre de septembre 2009 à juin 2010] a rassuré ses troupes : « L’Alliance avec les États-Unis constitue le pivot de notre politique étrangère. » Mais, ajoute son entourage, “nous voulons des rapports plus «équilibrés “. (…) l’ « accord secret » signé par le président américain Richard Nixon et le Premier ministre japonais Eisaku Sato en 1969, et resté caché jusqu’en mars 2010. (…) » (BnF +Orient XXI -Paris)# “La fin du pacifisme.” Dans un article de mars 2023, le journaliste français Jordan Pouille, longtemps correspondant de Mediapart en Chine, informait : « (…) En débloquant l’équivalent de 315 milliards de dollars sur cinq ans en décembre 2022, l’ancien Premier ministre Fumio Kishida (2021-2024) a de surcroît doté l’Archipel du troisième budget militaire au monde derrière ceux des États-Unis et de la Chine. (…) Dans son Livre blanc sur la défense (2022), la Chine est désignée comme un “défi stratégique sans précédent “, une “concurrente “, accusée de rompre l’équilibre géopolitique et militaire dans la région (…). Vu de Chine, la militarisation et l’imbrication renforcée du Japon avec les États-Unis sonnent comme une dangereuse alerte. (…) » (Le Temps -Suisse+La Vie +Babelio) ***


