Bruxelles, 15-21 juin 2026 / 450
Iran-Perse, il y a 1.800 ans… 23 juin 226 de notre ère : couronnement d’Ardéshir (ou Ardashir), descendant de dignitaires religieux, à Ctésiphon, à une trentaine de kilomètres de l’actuelle… Bagdad, en Irak. Jusqu’en 241, il fut le premier shah-in-shah des Sassanides, du nom de Sassan, l’ancêtre de la lignée. (Encyclopædia Iranica +Musée Cernuschi -Paris+”Syrie. Mémoire et Civilisation”, Flammarion/IMA, 1993)
# “La monarchie sassanide durera quatre siècles et comptera une trentaine de souverains.” Directeur de recherche au CNRS, Jean-Paul Roux (1925-2009) était un spécialiste d’histoire des religions et aussi des peuples turcs et mongols. Dans son “Histoire de l’Iran et des Iraniens. Des origines à nos jours” (Fayard, 2006), le chapitre 8 est consacré aux Sassanides : « (…) C’était un changement de dynastie, non de régime. À des Iraniens de l’extérieur succédaient des Iraniens de l’intérieur, du vieux pays des Perses, qui ne se posaient pas en révolutionnaires, entendaient prolonger l’Empire, conserver ce qui en lui paraissait bon, mais qui voulaient constituer un État national, pratiquant une religion nationale, s’exprimant par une culture nationale. (…) » Roi des rois : « (…) certains insignifiants et éphémères, si éphémères qu’ils ne resteront parfois que quelques mois au pouvoir, d’autres brillants et aux règnes longs, si longs qu’ils se prolongeront jusqu’à 25 ou 30 ans, et même, pour l’un d’eux, à près de 70 ans [Châhpûhr II le Grand]. Tous ou presque passeront une partie de leur temps à lutter avec leurs voisins, Romains, Kouchanes et autres Arméniens (…). La nature même de l’État change : les roitelets sont mis à la raison, et à la féodalité succède un régime très centralisé, servi par une administration efficace, si remarquablement organisée qu’elle servira de modèle aux Arabes. Des relations diplomatiques suivies sont établies avec les puissances étrangères. (…) La classe moyenne semble peu développée. L’immense masse des sujets forme une paysannerie pauvre, souvent réduite à la misère. (…) Autant qu’on peut en juger, les femmes jouissent d’un statut social assez élevé. Elles peuvent prendre place aux banquets (…), accéder au trône ou exercer la régence en portant le titre de Reine des reines. (…) » (Persée +fr-academic.com)
# “La Perse des Sassanides.” Titre de chapitre dans un superbe hors-série n°41 (avril 2026) de plus de 220 pages : “Iran, 4000 ans d’histoire”, publié dans la collection Le Monde Histoire & Civilisations. Les auteurs sont l’historien Yves Bomati, spécialiste de l’Iran, et l’économiste Houchang Nahanvadi (1932-2025, à Bruxelles), qui fut ministre et président de l’université de Téhéran à l’époque du Shah, Reza Pahlavi. Ils signèrent, en 2019 chez Perrin, “Iran. Une Histoire de 4.000 ans” : « (…) La dynastie qu’il fonda est sans doute la plus citée par les Iraniens car la mieux connue de la période préislamique pour le nombre de ses rois (…) et les légendes qui entourèrent certains, mais aussi parce qu’elle marqua la fin tragique de ce qu’on a parfois appelé « l’Iran iranien ». Quatre très grands rois en émaillèrent le parcours (…). Tous durent affronter les volontés hégémoniques de leur puissant voisin romain, allié selon les périodes au royaume d’Arménie, et travailler à l’administration de leur empire multiethnique et multiconfessionnel afin d’en juguler l’éclatement ou la conquête. (…) » (Le Figaro +RFI +Dunod +Académie française +France 24 +Politique étrangère,46-1/1981+Négâh (“regard” en persan) +The New Republic -USA)
# Bahrâm V (420-438). « (…) Sa réputation ne reposa pas sur ses faits d’armes, mais sur sa vie privée : il reçut le surnom de gour (l’ogre) en raison de son amour pour la chasse ou de son goût effréné pour les femmes. Roi amoureux, musicien, poète, il sera le héros d’un roman en vers du grand poète classique du 12ème siècle, Nezami, le “Haft Peykar” du nom d’un palais à sept pavillons où il passait chaque nuit de la semaine avec une de ses femmes. (…) » (Merci à Elsa et Pascale) ***


