Bruxelles, 22-28 juin 2026 / 451
23 juin 2016 : oui au Brexit ! (“Les Anglais. Un peuple pas comme les autres” : Maurice Vaïsse, “Les Anglais sont-ils européens ?”, Les Collections de L’Histoire, avril-juin 2007)
# “Il y a en Grande-Bretagne l’idée assez répandue que l’Europe n’est plus un continent d’avenir.” Le quotidien Le Figaro lui a consacré une page entière dans son édition du 31 janvier 2020… Favorable au Brexit et spécialiste des relations franco-britanniques, l’historien Robert Tombs est professeur émérite au St John’s College de l’université de Cambridge. C’est là qu’Arnaud de La Grange l’a rencontré : « (…) En 2016, tous les partis ont été d’accord avec le référendum car ils étaient persuadés que le “remain” allait l’emporter. Mais les électeurs ont voté contre ce qu’on leur disait. Cela a été un choc pour les élites. (…) si la Grande-Bretagne avait été dans l’euro, les gens n’auraient pas voté pour la sortie, car ils auraient eu trop peur des dégâts. (…) Économiquement, le Royaume-Uni pèse l’équivalent des 18 plus petits pays de l’UE. (…) c’est comme si les Vingt-Sept se retrouvaient à dix… (…) La Grande-Bretagne n’a jamais vraiment senti que l’UE représentait ses intérêts, ses valeurs. L’adhésion à l’Europe [28 octobre 1971 : 356 voix contre 244, à la Chambre des Communes] est quelque chose que nous avons fait par nécessité, et pour lequel nous avons été obligés de sacrifier certaines choses. (…) Certains pensent que l’on finira par revenir dans l’UE, d’autres que l’UE n’existera plus dans 20 ans, au moins dans sa forme actuelle. (…) » (London Review of Books +History Reclaimed UK+Bloomberg Businessweek +”Grande-Bretagne et U.E.”/ La fiche de l’actualité –Le Soir)
# “Les véritables enjeux du Brexit.” Il est décédé le 18 mai dernier, à Bruxelles, à l’âge de 93 ans. Diplomate (vice-président de la Commission européenne) et surtout homme d’affaires, Étienne Davignon rédigea une chronique dans l’hebdomadaire Trends-Tendances du 12 mai 2016, un mois avant le vote : « (…) le caractère étrange de la décision des autorités britanniques. La décision du Premier ministre David Cameron n’est pas tant son désir d’apporter de la clarté sur le devenir européen de son pays, que d’apaiser une minorité significative de son propre parti, dont l’allergie à tout projet d’unification européenne est connue depuis longtemps. (…) ce sont des considérations de politique intérieure qui ont pris le dessus sur les évidences découlant d’une vision à plus long terme. Quel État européen, dans un monde globalisé et dangereux, peut-il croire à un destin prospère, s’il choisit de poursuivre sa route en solitaire ? (…) » (“Dix ans après. Brexit, la gueule de bois”, Le Point, 21/05/2026+F. Dehousse, “Le grand hara-kiri économique du Royaume-Uni”, Le Vif , 31/12/2020)
# “Le Brexit inversé du 5ème siècle.” L’hebdomadaire Courrier international a traduit un article de l’écrivain et journaliste italien Simone Filippetti, “archéologue manqué”, qu’il publia début 2021 à Milan, dans le journal Il Sole 24 Ore : « (…) Jules César avait abordé dans l’île (…) en 54 avant J.-C. (…) en 43 après J.-C, l’empereur Claude annonça la naissance officielle de la province romaine de Bretagne. Mais la cohabitation des Romains avec les insulaires fut toujours problématique. (…) Pour les empereurs romains, la Britannia était plus une charge qu’un atout. (…) Nul ne connaît la date exacte, mais un matin de l’an 410, l’empereur romain [Honorius] laissa partir l’île à la dérive. (…) [il] prit la décision de retirer toutes les légions stationnées sur l’île : quatre au total (…). Les Angles et les Saxons envahirent le pays et en prirent le contrôle, à l’exception du Nord (…). Les villes romaines furent saccagées et détruites par les barbares, la langue latine disparut (ne survivant que dans les monastères), et tout le système socio-économique, des monnaies aux commerces, s’effondra. (…) Ainsi s’achevait la période romaine de la Grande-Bretagne, au terme de près de 400 ans de domination et d’œuvre civilisatrice. (…) » ***


