Occident – 07-13/09/2026

Bruxelles, 07-13 septembre 2026 / 456

Il y a 50 ans, le 9 septembre 1976 : mort de Mao Tsé Toung (Mao Zedong), fondateur de la République populaire de Chine, le 1er octobre 1949. (L’Express +Le Monde)

# “Le problème que constituera, pour le système politique chinois, la disparition du Grand Timonier.” Dans la collection “Politique” des éditions du Seuil, en 1976, “Regards froids sur la Chine”, avec des analyses de sinologues. Au chapitre 4, une contribution de Jean-Luc Domenach (1945-2026), souvent sollicité par les médias, qui fut notamment directeur de recherche du Centre de recherches internationales (CERI, Paris) : « (…) Mao-Tse Tung, de par sa supériorité idéologique, son prestige personnel et son habileté tactique, a su, le plus souvent, de lui-même, dessiner et contenir dans certaines limites le champ du débat politique. Depuis que le PCC [Parti communiste chinois] est au pouvoir, Mao a toujours eu besoin, à ses côtés, d’administrateurs et d’organisateurs auxquels il déléguait les tâches que lui-même ne voulait ni ne pouvait exécuter. (…) Mais il a aussi toujours entretenu et souvent utilisé une aile radicale. (…) Elle a souvent été un élément moteur (mais pas toujours le seul) des grandes campagnes révolutionnaires du régime (mouvement des coopératives, Grand Bond en avant, Révolution culturelle), et même de moins grandes, comme le mouvement d’étude de la dictature du prolétariat. (…) Les contradictions politiques dont Mao avait su limiter l’antagonisme dans les années 1971-1975 risqueront (…) de se manifester de façon beaucoup plus violente et radicale. Ses successeurs devront trancher une alternative que Mao avait laissé sans solution définitive : accorder la priorité au développement économique et à l’épanouissement national, ou poursuivre en premier lieu la révolutionnarisation des esprits et la mutation sociale. » (Occident 12-18072021+The National Committee on United States-China Relations -New York)

# “Mao était pour elle le dernier obstacle sur le chemin du pouvoir absolu. Elle attendait sa mort.” Il s’agit de Jiang Qing, la quatrième épouse de Mao depuis 1938… “Formé aux méthodes occidentales”, devenu le médecin personnel de Mao en 1954, le Dr Li Zhisui s’exila aux États-Unis. Il y publia ses Mémoires, “The Private Life of chairman Mao”, avec la collaboration éditoriale de la sinologue Anne F. Thurston. La même année, la Librairie Plon (Paris) assura la diffusion de “La vie privée du Président Mao” (plus de 660 pages !) : « (…) elle serra la main à chacun d’entre nous en disant : “Vous devriez vous réjouir maintenant.” Elle avait un comportement si étrange que ce n’est que plus tard que je compris qu’elle avait sans doute voulu dire que nous devions être contents car Mao allait bientôt mourir et qu’elle aurait enfin le pouvoir. (…) J’appris que le Bureau politique s’était rapidement retourné contre Jiang Qing et ses comparses. Tant que Mao était vivant, elle avait eu droit aux plus grands égards. Lorsqu’elle arrivait à une réunion, tout le monde se levait et le silence se faisait. (…) Personne n’osait la contredire. Mais lors des séances qui suivirent la mort de Mao, on ne lui témoigna plus autant de respect. (…) Lorsqu’elle prenait la parole, elle n’était pas écoutée, et les autres membres continuaient à parler entre eux. (…) »

# “L’antagonisme est l’une des formes et non l’unique forme de la lutte des contraires.” Dans les “Cinq essais philosophiques de Mao Tsétoung”, publiés à Pékin par les éditions en langues étrangères, en 1971, un thème est intitulé “De la contradiction”. Le texte est daté d’août 1937. Au point 6, “La place de l’antagonisme dans la contradiction”, le Grand Leader a écrit : « (…) Dans une bombe, avant l’explosion, les contraires, par suite de conditions déterminées, coexistent dans l’unité. Et c’est seulement avec l’apparition de nouvelles conditions (allumage) que se produit l’explosion. Une situation analogue se retrouve dans tous les phénomènes de la nature où, finalement, la solution d’anciennes contradictions et la naissance de choses nouvelles se produisent sous forme de conflits ouverts. (…) » (editions-proletariennes.fr +Politique étrangère 1969) ***

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