Bruxelles, 12-18 octobre 2026 / 460
Mort à Paris en 1984, le philosophe français Michel Foucault naquit le 15 octobre 1926, “dans une famille catholique aisée”. (éditions de l’École des hautes études en sciences sociales -Paris+Magazine littéraire +France Culture)
# “Il nous a légué des outils indispensables pour penser notre présent.” Le philosophe Joaquín Fortanet Fernández, qui enseigne à l’université de Saragosse (nord de l’Espagne), écrit depuis longtemps sur Foucault. Son “Foucault. Il n’existe d’autre vérité que celle produite par le pouvoir” a été traduit par l’éditeur RBA France en 2016, pour la collection “Apprendre à philosopher”. (www.janovas.unizar.es +PhilPapers -Canada)
# “Penser le désordre : une histoire de la folie.” A la fin du chapitre 1, sur son premier livre important : « (…) Avec son “Histoire de la folie”, Foucault porta la maladie mentale sur le terrain philosophique, voire politique, en essayant de donner la parole aux fous, à ceux que l’on avait bâillonnés jusqu’alors. (…) S’il est vrai que l’œuvre passa pratiquement inaperçue l’année de sa parution [1961, Librairie Plon] – à l’exception de certains cercles qui lui firent bon accueil –, il fallut attendre la fin des années 1960 et le début de la décennie suivante pour constater combien l’”Histoire de la folie” avait profondément marqué la lutte du mouvement antipsychiatrique. (…) un mouvement critique qui se répandit dans plusieurs pays (…) en dénonçant les pratiques et les théories psychiatriques traditionnelles, qui relevaient davantage d’un instrument de contrôle social que d’une branche de la médecine. Les dénonciations et les critiques de ses méthodes furent émises par les psychiatres eux-mêmes. Ils réprouvaient le traitement, souvent barbare, que les malades mentaux subissaient dans les hôpitaux psychiatriques, lesquels, en réalité, n’étaient que des usines à produire des maladies incurables. (…) » (Archives de philosophie +monoskop.org)
# “Les vérités du pouvoir.” Au début du chapitre 3 : « (…) L’analyse du pouvoir fut l’un des points les plus cruciaux, originaux et percutants, du point de vue philosophique et politique, de toute son œuvre. (…) Tout avait basculé peu avant Mai 68. En réalité, Foucault est étroitement associé au mouvement contestataire parisien, sans y avoir participé directement pour autant car il se trouvait en Tunisie à ce moment-là. (…) Fin 1965, Foucault accepta un poste à l’université de Tunis (…). Précédés par le succès des “Mots et les Choses”, ses cours furent accueillis avec enthousiasme par les étudiants et, en peu de temps, il devint le professeur le plus influent de son département. (…) Mais en 1967, avec les révoltes d’étudiants et la répression féroce qui suivit, l’ambiance sereine se mua brutalement en une agitation constante du milieu universitaire (…). Les arrestations et les tortures pratiquées sur les étudiants arrêtés finirent par mobiliser Foucault et d’autres professeurs qui dénoncèrent la répression. (…) Il vécut ainsi, à Tunis et par anticipation, ce que représenta Mai 68 en France l’année suivante, mais d’une manière plus brutale compte tenu du manque de sécurité et de la situation politique tunisienne. (…) » (Rachida Boubaker-Triki, “Notes sur Michel Foucault à l’université de Tunis”, Rue Descartes, n°61, 2008/3)
# “Punir avec une sévérité atténuée, peut-être, mais pour punir avec plus d’universalité et de nécessité.” Sur les relations de pouvoir : « (…) Quatre ans après “L’ordre du discours” (1975), Foucault publie “Surveiller et punir”, un ouvrage fondamental sans aucun doute pour analyser la question du pouvoir. (…) une histoire de la prison. De sa création et de ce qu’elle impliqua. On dit aujourd’hui que cet ouvrage est l’un des plus beaux livres de l’auteur, peut-être le plus complet aussi. En s’appuyant sur une analyse et une méthodologie impeccables, Foucault retrace et décrit les différents châtiments pratiqués en Occident à travers l’histoire. (…) L’écartèlement public, par exemple, correspond à un type de pouvoir très différent de celui qui emprisonne ou conduit au bûcher. (…) » (Sociétés & Représentations, n°3, 1996/2-Sorbonne) ***


