Bruxelles, 21-27 septembre 2026 / 458
Il vivait ses derniers jours terrestres… Mort le 3 octobre 1226 : il y a 800 ans, François d’Assise s’en alla au Paradis. Deux ans plus tard, “en présence du pape Grégoire IX, fastueuse cérémonie de canonisation.” Une première : du 22 février au 22 mars 2026, ses reliques ont été exposées à tous dans la crypte de la basilique qui porte son nom à Assise. (Vatican News +La Croix +Le Pèlerin +Ivan Gobry, “St François d’Assise et l’esprit franciscain”, Maîtres spirituels-Seuil, 1957)
# “Une figure de référence en histoire du Moyen Âge.” Médiéviste aux universités de Pise et de Rome II, Chiara Frugoni [1940-2022] était considérée comme LA spécialiste de Saint François d’Assise. Certainement de l’histoire de l’Église catholique. Elle a signé “François d’Assise. La vie d’un homme”, paru aux éditions Noêsis (Paris), en 1997. Deux extraits. (Le Monde +La Nazione -Pisa+Les Belles Lettres +ActuaLitté -Paris)
# “Ce passé héroïque. (…) La première fraternité franciscaine.” « (…) composée d’hommes résolus, d’un enthousiasme fervent, prêts à n’importe quel sacrifice. (…) Conquis par son enthousiasme, fascinés par le pouvoir de sa parole, d’autres compagnons se joignirent rapidement à François. C’étaient des hommes hors du commun, qui ne craignaient ni de rompre avec leurs habitudes, ni de renoncer à toute sécurité matérielle ou affective pour venir partager la vie d’une société improvisée, sans aucun prestige, sans tradition ; des hommes d’une très grande exigence morale, d’une vertu inébranlable, dont l’engagement religieux était absolu. (…) Il y avait ceux qui tenaient pour fous ou maniaques ces hommes toujours prêts à exhorter à la conversion, à aimer Dieu, à faire la paix (…). » (Jacques Dalarun, “La Vie retrouvée de François d’Assise”, CNRS Éditions-Biblis, 2019)
# “L’adieu.” « (…) À la fin de sa vie, François se sentait de plus en plus harcelé et étouffé par une Église soucieuse de normaliser, d’aplatir son projet de vie chrétienne, qui consistait à pratiquer la pauvreté et l’amour évangéliques ; un projet qui, s’il avait été véritablement mis en œuvre, aurait été révolutionnaire et dangereux pour la structure ecclésiastique. (…) Son corps, promis à se transformer rapidement en très précieuses reliques, devait appartenir à Assise, (…) et de là, dispenser ses miracles aux futures foules de pèlerins venues prier sur sa tombe, (…). » (“Fioretti de saint François”, Éditions franciscaines, Paris, 1953+Fayard +Société des Gens de Lettres -Paris)
# “Francesco d’Assisi est un homme (et donc un saint) joyeux, qui recommande la joie à ses disciples.” Préface due à l’historien Jacques Le Goff (1924-2014), “l’une des grandes figures de l’histoire médiévale en France et dans le monde”, auteur notamment de “La Civilisation de l’Occident médiéval” (Arthaud, Paris, 1964) : « (…) Il est loin des mines tristes et sérieuses prônées par la spiritualité monastique traditionnelle définissant le moine comme “celui qui pleure” (…), le moine pleure mais le frère rit. (…) Ce rire de Francesco fait partie de son tempérament, de sa vitalité, de sa spiritualité aussi. (…) » (Encyclopædia Universalis +Le Nouvel Obs +Médaille d’or du CNRS 1991)
# “Printemps 1219 : François d’Assise, assoiffé de Dieu jusqu’au martyre, s’embarque pour les croisades. (…) il voit dans Jérusalem, blessée mais resplendissante, l’aboutissement de sa quête évangélique.” Le romancier, nouvelliste et essayiste Alain Absire a signé “Le pauvre d’Orient” (Presses de la Renaissance, Paris, 2000). Il attribue les propos suivants au sultan d’Égypte Malek al-Kamel : « (…) – Le Prophète a dit : “Combattre vous a été prescrit, bien que vous ayez le combat en aversion. Il est possible que vous ayez de l’aversion pour une chose qui est un bien pour vous, et il est possible que vous aimiez une chose qui est un mal pour vous…” C’est Mahomet qui, le premier, a prêché la guerre sainte contre les ennemis d’Allah et a donné aux musulmans tombés au combat le titre de martyrs. (…) » (franciscain et théologien de la libération Leonardo Boff, “François d’Assise”, Cerf, Paris, 1987) ***


