Occident – 05-11/10/2026

Bruxelles, 05-11 octobre 2026 / 459

“Du 7 Octobre au retour de Donald Trump.” C’est le sous-titre de l’édition revue, actualisée et augmentée par le spécialiste français du monde arabo-musulman Gilles Kepel pour son essai “Le Bouleversement du monde”. Paru chez Plon en 2024, chez Pocket en avril de l’année suivante. (Le Point +Monaco Hebdo)

# “Une faille éthique au sein de l’Occident d’hier, recodé en « Nord » d’aujourd’hui.” On lit au chapitre 1 : « (…) Il est parfaitement légitime de rappeler dans le débat public, avec toute l’insistance nécessaire, l’ampleur épouvantable de l’hécatombe des civils à Gaza, et de la condamner. Il ne l’est pas moins de remémorer l’horreur du pogrom qu’a causée la razzia du 7 Octobre, et le sort affreux des otages prisonniers dans les tunnels de Gaza. (…) toute perspective de paix suppose, aujourd’hui comme hier, de trouver des modalités de cohabitation entre les deux peuples sur le territoire de la Palestine tel que délimité entre la Première et la Seconde Guerre mondiale du 20ème siècle par le mandat confié à la Grande-Bretagne par la Société des nations. (…) »

# “Les nouvelles lignes de faille.” Au début du chapitre 5 : « (…) L’ampleur inouïe du coup infligé à Israël à l’aube du samedi 7 Octobre a bouleversé les lignes de force régionales antérieurement figées par les accords d’Abraham signés à la fin du mandat de Donald Trump, pendant l’été 2020. (…) Dans un premier temps, ce revers majeur pour l’hégémonie américaine au Moyen-Orient a été interprété comme un succès pour l’«axe de la résistance » à l’État hébreu – et à l’Occident qui soutient la légitimité de ce dernier. Mais les conditions mêmes du déclenchement du “Déluge d’al-Aqsa” [Jérusalem], puis les modes d’engagement consécutifs de Téhéran, de ses mandataires régionaux au Levant, en Irak, dans la péninsule Arabique, et de ses alliés globaux russe et chinois, amènent rétrospectivement à nuancer cette lecture binaire. (…) Passé l’euphorie des lendemains de l’offensive, malgré la gloire symbolique  d’une razzia comparable à celle du Prophète sur l’oasis juive de Khaybar [nord-ouest de l’Arabie] en l’an 628, et l’infliction à Israël du premier pogrom depuis les exactions nazies, les effets pervers sont manifestes, tant au détriment du mouvement islamiste palestinien que de Téhéran et de ses alliés. (…) le Hamas a été accusé, notamment par son rival, l’OLP [Organisation de Libération de la Palestine], d’avoir “mal calculé” le contrecoup catastrophique pour les habitants de l’enclave, qu’il a pris en otage de son extrémisme irresponsable, et d’en partager la culpabilité avec l’État hébreu. (…) La transformation de Gaza, sous la houlette de Yahya Sinouar depuis son retour sur place, en un univers politico-religieux totalitaire commence à être mieux connue du public (…). L’usage de la torture contre les dissidents, les collaborateurs d’Israël, les homosexuels et les adultères, dont témoignent également des archives saisies dans les tunnels par l’armée israélienne après le 7 Octobre (…), traduisent son extrême détermination, au prix d’une cruauté sans frein, jusque contre ses proches. (…) » (CNRS +Institut du monde arabe -Paris+The Times of Israel +Reuters)

# “Le contrepoids du judaïsme américain.” Au chapitre 2 : « (…) l’offensive menée à Gaza s’avère extrêmement contreproductive pour fédérer les soutiens extérieurs dont Israël a le besoin le plus pressant. Aux États-Unis vit une communauté juive dont les membres correspondent approximativement en nombre à celle de l’État hébreu, et qui dispose d’une influence à nulle autre pareille au sein du plus puissant pays du monde. L’horreur du pogrom du 7 Octobre a été ressentie profondément de Brooklyn à Los Angeles (…). Le conflit entre Israël et le Hamas, en fracturant l’université la plus prestigieuse du monde [Harvard, “manifestations anti-israéliennes virulentes”, démission de sa présidente le 2 janvier 2024], avait achevé de révéler les contradictions de la relation entre les États-Unis, l’État hébreu et le Moyen-Orient. (…) » (AIPAC-USA) ***

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