Occident – 02-08/10/2023

# “Ukraine, pivot de l’Europe.” Tiré du n°50 de la revue NUNC, “mêlant textes de créations et essais”, dossier paru aux éditions de Corlevour (Clichy, nord-ouest de Paris), en 2022 : la date d’impression à Venise est le… 12 mars, soit trois semaines après le début de l’invasion russe. Trois extraits.

# Fondateur de NUNC en 2002, l’éditeur et poète Réginald Gaillard (prix Paul Verlaine 2021 de l’Académie française) a signé l’article d’introduction, “L’Ukraine, ou notre souci d’Europe” : « (…). La Russie entend retrouver son influence sur les pays qu’elle a par le passé dominés. Et l’Ukraine est la pièce maîtresse du rapport de la Russie à l’Europe. Zbigniew Brzezinski [1928-2017, conseiller à la sécurité nationale des USA de 1977 à 1981] a rappelé que “L’indépendance de l’Ukraine rejette la Russie à l’extrême Est de l’Ukraine et la condamne à n’être plus, dans l’avenir, qu’une puissance régionale. Elle modifie la nature même de l’État russe. Sans l’Ukraine, la Russie cesse d’être un empire en Eurasie. En revanche, pour la Russie, rétablir le contrôle sur l’Ukraine, cela revient à s’assurer les moyens de redevenir un État impérial puissant“. (…) peut-on décemment reprocher aux Ukrainiens de préférer notre si imparfait modèle démocratique au despotisme des régimes passés dans l’orbite de Moscou ? (…). » (éditions du Rocher-Monaco+Ad Solem)

# “Le président qui a le plus œuvré pour que l’Ukraine se tourne résolument vers l’Europe  ̶  et l’OTAN.” Viktor Yushchenko fut à la tête du pays de janvier 2005 à février 2010. Il déclara lors d’un entretien daté de février 2020  : « (…) Si nous parlons de la politique de la Russie impériale, c’était une politique de russification très agressive. C’est à cette époque que des millions d’Ukrainiens ont été déplacés en Sibérie, dans les grandes steppes du Kazakhstan et dans d’autres territoires éloignés. A la place des Ukrainiens, on a envoyé ici des millions de Russes et cette politique était justifiée par les projets de l’Empire. Maintenant nous avons cet héritage avec lequel nous devons composer et travailler. (…) Bref, nous avons eu une histoire difficile, au cours de laquelle, pendant plusieurs siècles, cette idée d’un État ukrainien est restée en gestation. Et ce n’est qu’en 1991 que nous avons enfin atteint notre objectif : un État ! (…) Pour la Russie, (…) c’était inimaginable que l’Ukraine quitte sa sphère d’influence et ne soit plus en orbite par rapport à Moscou. (…) l’Europe aujourd’hui, qu’elle le veuille ou non, est le premier consommateur des ressources russes qui permettent le financement des guerres (…). l’Europe se présente comme très “poly-vecteurs”, et donc sans orientation unique, notamment à propos de la politique poutinienne. Dès lors on peut dire que la politique russe s‘enracine dans le corps de l’Europe comme des métastases cancéreuses. (…) » (BBC News +Kyiv Post)

# “Le début de la perte de l’innocence.” Historien et philosophe néerlandais, Luuk van Middelaar : « (…) Notre identité politique d’Européens est donc en partie déterminée par les autres. (…) Ainsi, le conflit avec la Russie a permis à tous les États membres et à tous les publics nationaux de découvrir que l’Ukraine est un voisin de l’Union en tant qu’ensemble, et pas uniquement de la Pologne, de la Slovaquie et de la Hongrie. Le conflit en question porte sur la place de l’Ukraine dans l’ordre continental, sur le fait de savoir si ce pays rejoindra un jour l’Union  ̶  autrement dit sur notre frontière extérieure et sur notre identité. (…) » (Le Monde +KB Nationale Bibliotheek -Den Haag) ***

Bruxelles, 02-08 octobre 2023 / 349

Plus d'articles

Occident – 13-19/05/2024

“Paul Auster, ce « saint patron » littéraire de New York” (Courrier international ) / “Le plus francophile des Américains” (Le Figaro littéraire) / “La connaissance du thème de la solitude est fondamentale à qui veut pénétrer dans l’univers de Paul Auster” (Gérard de Cortanze) / “Sans doute le plus grand roman américain sur la guerre de Sécession [1861-1865], selon Paul Auster” (Claire Chazal) / “Être américain, c’est participer à la plus grande entreprise humaine depuis la création de l’homme” (Aliette Armel) / “Moon Palace” (1989) : « Je n’ai plus besoin d’aller nulle part. Dès que je me mets à y penser, je m’y retrouve »

Occident – 06-12/05/2024

Ce 7 mai, sept mois de conflit à Gaza / “Israël fait figure de bastion avancé de l’Occident au cœur de l’Orient” (Sophie Bessis) / Portrait de Herzi Halevi, 23ème chef d’état-major de Tsahal (Le Figaro Magazine) / “1948, une partition inacceptable dans les deux camps” (Sylvain Cypel) / “le Hamas est le genre d’ennemi que souhaite Benyamin Netanyahou puisque ses leaders ne sont pas intéressés par une paix avec Israël” (Michael Walzer)

Occident – 22-28/04/2024

“Lord Byron fut en son temps un dieu vivant” (1788-19 avril 1824) / Ainsi voit-on, pour la première fois peut-être, une légende vivante souffrir du star-system, un monstre sacré tourmenté par des paparazzi” (Didier Jacob, Le Nouvel Observateur) / “On juge généralement que Don Juan est son chef-d’œuvre” (Dominique Spiess-Faure) / “La lente, fiévreuse et douloureuse agonie, conséquence de la malaria contractée dans les marais de Missolonghi, en terre grecque, où il livrait bataille contre l’occupant ottoman” (Daniel Salvatore Schiffer) / “son génie est incommensurable… C’est un grand talent inné” (Goethe)