Occident – 16-22/10/2023

Italo Calvino 1961. Johan Brun/Norsk Folkemuseum.

# “Cette distance poétique, empreinte de malice mais aussi d’empathie, qui reste sa marque de fabrique.” L’écrivain Italo Calvino naquit à Cuba le 15 octobre 1923, de parents italiens. Mort en Italie (Sienne, 19 septembre 1985), il fut membre de l’OuLiPo, l’Ouvroir de Littérature Potentielle. (Arte, “Italo Calvino, l’écrivain perché”)

# Sa fiche sur le site officiel de l’OuLiPo : « (…) Membre du Parti Communiste et de la résistance italienne durant la guerre, il publie en 1947 son premier livre, “Le Sentier des nids d’araignée”, (…). Il entre en 1956 en opposition avec la politique culturelle du Parti communiste italien, et, après l’intervention soviétique en Hongrie, quitte définitivement le Parti. (…) C’est au cours des années d’« ermite » où il vécut à Paris, de 1967 à 1980, qu’il rejoint l’OuLiPo, en 1973 (…) » (Fonds OuLiPo -Gallica)

# “L’importance de cet être singulier dans le panorama de la culture et de la littérature italiennes” (Jean-Paul Manganaro). Dans le n°274 (février 1990) du Magazine littéraire français, couverture et plus de 30 pages pour un dossier “Italo Calvino, un écrivain insaisissable.” Avec un texte inédit, traduit en français : « (…) L’homme contemporain est divisé, mutilé, incomplet, hostile à soi-même (…). Il est clair que nous vivons aujourd’hui dans un monde de non-excentriques, de personnes dont la plus simple individualité est niée, tant elles sont réduites à une somme abstraite de comportements préétablis. Le problème aujourd’hui n’affecte plus désormais la perte d’une partie de soi-même, c’est celui de la perte totale, de n’être plus rien. (…) »

# “La ville que j’ai ressentie comme mienne plus que toute autre est New York” Peu après son décès, un entretien paraissait dans la revue Autografo (n°6, octobre 1985), fondée à l’université de Pavie par la philologue et sémiologue Maria Corti (1915-2002). Calvino lui précisait : « (…) Autrefois, j’ai même écrit, en imitant Stendhal, que je voulais que sur ma tombe soit gravé “newyorkais”. (…) toutes les fois que je me rends à New York, je la trouve plus belle et plus proche d’une forme de ville idéale. Peut-être parce que c’est une ville géométrique, cristalline, sans passé, sans profondeur, apparemment sans secrets : c’est la raison pour laquelle elle est la ville qui intimide le moins, la ville que je peux avoir l’illusion de maîtriser par l’esprit, de penser tout entière dans le même instant. Malgré cela, combien de fois voit-on New York dans les histoires que j’ai écrites ? Très peu. (…) » (Poesia/Rai +Casa Corti -Lombardie)

# “Journaliste toujours, mais déjà moraliste, philosophe.” En janvier 1987, le n°237 du Magazine littéraire réalisait un dossier “Italie aujourd’hui”. L’écrivain Paul Fournel, auteur d’une “Anthologie de l’OuLiPo” (Gallimard, 2009), qui l’a bien connu durant ses années en France : « (…) Italo Calvino a rendu à la littérature italienne deux services majeurs. Il a d’abord contribué à la désenclaver d’une façon décisive. A partir de l’énorme succès de “Si par une nuit d’hiver un voyageur” [1979] son œuvre a pris une dimension internationale et, en quelques années, a été traduite dans une quinzaine de langues. (…) Calvino, d’autre part, a joué un rôle essentiel d’éditeur et de promoteur des nouveaux talents italiens. (…) Ses choix nous le montrent attentif à l’audace formelle, à la vraie nouveauté et à des formes narratives qui mettent à chaque fois le lecteur en situation de réviser ses réflexes. (…). » (Babelio +P.O.L Editeur +The Guardian +Italissimo -Paris+Grande grazie à Pascale!) ***

Bruxelles, 16-22 octobre 2023 / 351

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