Bruxelles, 24-30 mars 2025 / 401
# Il y a trois siècles…”Un homme libre, guidé par le plaisir et la beauté.” Né le 2 avril 1725 à Venise, décédé en 1798, Giacomo Casanova fut un séducteur compulsif. (Magazine Littéraire +Herodote +Le Nouvel Observateur, hors-série n°87, octobre-novembre 2014+Evelyne Harmegnies, “Casanova ou… l’Europe d’un libertin”, PIE, Bruxelles, 1995)+Lydia Flem,”Casanova ou l’exercice du bonheur”, Seuil, 1995)
# “On parle beaucoup, désormais, d’homophobie, mais jamais d’hétérophobie : c’est étrange.” Auteur du roman “Femmes” en 1983, l’écrivain Philippe Sollers (1936-2023) a offert un “Casanova l’admirable”, paru chez Plon en 1998 : « (…) On connaît le disque : si Casanova s’intéresse tellement aux femmes, c’est sans doute parce qu’il était, sans se l’avouer, homosexuel. D’ailleurs, ces histoires de femmes sont douteuses, il faudrait avoir leur version à elles. De toute façon, que recherche un homme dans ses aventures féminines multiples, sinon l’image unique de sa mère ? Don Juan n’était-il pas, au fond, homosexuel et impuissant ? (…) l’Histoire de ma vie est un document extraordinaire [1789, début de la rédaction… en français] : religieuses, épouses infidèles, filles à vendre, prostituées, courtisanes, vieilles femmes folles, femmes du peuple, marquises, bourgeoises, comtesses, pucelles ou mères de famille, c’est en effet le catalogue de Mozart, mais aggravé par un regard sociologique aigu. Pas de généralités : des récits concrets. Un fleuve de détails qui en dit plus long que mille et trois volumes universitaires. (…) » (www.philippesollers.net +Babelio)
# “Le chantre d’une liberté nouvelle, praticien volontaire d’une philosophie joyeuse et hédoniste.” Ancien élève de l’Ecole normale supérieure et de l’Ecole du Louvre, le docteur en philosophie Maxime Rovere a consacré une biographie à cette “figure de référence dans l’art de la séduction” (Gallimard, Folio, 2011). On lit à la fin du chapitre “Naissance du mythe” : « (…) C’est seulement entre 1960 et 1962 que paraît, en 12 volumes, le “texte intégral du manuscrit original” [3.768 pages dans 12 boîtes] de l’Histoire de ma vie, fruit d’une collaboration entre [l’éditeur allemand] Brockhaus et Plon. (…) Il faudra deux ans pour que la BNF [Bibliothèque nationale de France] trouve le financement nécessaire à l’achat. Enfin, en 2009, un mécène unique y pourvoit. Sous le sceau de l’anonymat, il fournit les 7,25 millions d’euros (…). Accueilli par le ministre de la Culture, fêté par les journaux – “Casanova est à Paris”, titre Libération – et enfin par les éditeurs (Antoine Gallimard annonce la mise en route d’une édition dans la collection de la Pléiade), Giacomo prend alors la place qui est la sienne, comme l’un des plus grands écrivains de langue française. » (CNRS)
# “Casanova. L’épopée d’un séducteur.” Couverture de l’hebdomadaire Le Vif/L’Express daté du 5 août 2011. Ouverture du dossier avec un article de… Maxime Rovere : « (…) Contrairement au personnage de Don Juan, épris de conquêtes toujours multipliées, Casanova ne s’est jamais soucié d’annexer aucun territoire. (…) pas seulement obtenir, mais aussi donner. Il est ainsi l’un des premiers à avoir fait du plaisir de sa partenaire la meilleure mesure de sa propre satisfaction. (…) »
# “L’appétit, dit-on, vient en mangeant.” Un épisode situé en 1770, dans le folio n°1760 (“Leonilde”) de son « Histoire de ma vie » : « (…) Elle ôta sa robe, elle laissa tomber ses jupes, et elle vint entre mes bras, rendue, (…). Son ardeur me fit devenir amoureux, elle devint effrénée, elle m’étala toutes ses beautés, et je n’ai cessé de lui rendre justice que lorsque le sommeil s’est emparé de mes sens. Elle dut alors me quitter. (…) » (“Un voyage érotique. Invitations à l’amour dans la littérature du monde entier”, Gallimard, 2012+Psychologies Magazine) ***