Occident – 20-26/04/2026

Bruxelles, 20-26 avril 2026 / 443

80 ans sans John Maynard Keynes ! Homme politique et d’affaires, essayiste et surtout grand théoricien de l’économie, mort le 21 avril 1946. Dix ans plus tôt, il avait publié son œuvre maîtresse : “Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie”, qui a “profondément influencé les gouvernements occidentaux”. (Michel Beaud, “Histoire du capitalisme. 1500-2010”, Seuil, sixième édition mise à jour, 2010)

# “Dans l’immédiat après-guerre, des deux côtés de l’Atlantique, les keynésiens sont légion. Les plus grands économistes sont influencés par les idées de J.M. Keynes.” Dans “Comprendre les théories économiques” (Seuil, 4ème édition mise à jour en 2011), le directeur de recherche émérite au CNRS Jean-Marie Albertini (1929-2014), pionnier de la recherche en pédagogie de l’économie, ainsi qu’Ahmed Silem, professeur des universités, ont écrit : « (…) La régulation concurrentielle a montré ses limites en 1929 [Krach boursier]. L’avènement du keynésisme résulte des limites du marché dans sa capacité à assurer le plein-emploi. Le keynésisme et les Trente Glorieuses [1945-1975] qui ont suivi se caractérisent par la substitution de la régulation monopoliste à la régulation concurrentielle. Leurs principaux traits en sont : l’établissement d’un salaire minimum, les conventions collectives, les transferts sociaux (Welfare State). L’objet de ces mesures est de permettre l’adaptation continuelle de la consommation des masses aux gains de productivité sur une base nationale. (…) » 

# “Les économistes appellent cette époque « l’ère keynésienne ». Il fut l’un des leaders du mouvement Occupy Wall Street (manifestation pacifique). Professeur à la London School of Economics, l’anthropologue David Graeber (1961-2020) a offert un essai intitulé “Dette : 5000 ans d’histoire”, paru à New York, en 2011, traduit en français en 2013, aux éditions Les Liens qui libèrent (Babel 1385) : « (…) Quand la solution keynésienne a fini par être appliquée après la Seconde Guerre mondiale, elle n’a été offerte qu’à une couche relativement mince de la population mondiale. Au fil du temps, de plus en plus de gens ont voulu être intégrés à cet accord. (…) les efforts des travailleurs pour améliorer leur productivité s’accompagneraient de hausses de salaire, et ce principe a été respecté jusqu’à la fin des années 1970. (…) ce qui a posé les bases de l’économie de consommation d’aujourd’hui. (…) Keynes lui-même était bien connu en son temps pour tenir des propos assez radicaux ; il préconisait par exemple la suppression totale de la classe des personnes vivant des dettes des autres – “l’euthanasie du rentier”, disait-il –, même si ce qu’il entendait en fait par cette formule était leur élimination par une réduction graduelle des taux d’intérêt. Comme tant d’autres aspects du keynésianisme, cette prise de position était beaucoup moins révolutionnaire qu’elle ne le paraissait à première vue. En fait, elle était solidement ancrée dans la grande tradition de l’économie politique : elle renvoyait à Adam Smith, avec son idéal d’une utopie sans dette, mais tout particulièrement  à David Ricardo, qui condamnait les propriétaires fonciers comme des parasites dont l’existence même nuisait à la croissance économique. (…) » (Occident 11-17092023+09-15032026)

# Keynes dans “The Collected Writings” (1931) : « (…) Comment puis-je accepter la doctrine communiste qui exalte comme une bible, au-dessus de toute critique, un modèle démodé dont je sais qu’il est non seulement scientifiquement erroné mais encore inintéressant et inapplicable dans le monde moderne ? Comment puis-je adopter une doctrine qui, préférant la vase au poisson, exalte le prolétariat crasseux au détriment de la bourgeoisie et de l’intelligentsia qui, en dépit de tous leurs défauts, sont la quintessence de l’humanité et sont certainement à l’origine de toute œuvre humaine ? (…) » (L’Histoire +Finances & Développement -FMI) ***

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