Bruxelles, 01-06 septembre 2026 / 455
L’Asie centrale : désormais inévitable ? C’était la question en couverture du n°139 (mai-juin 2026) du bimensuel Diplomatie. Coup de projecteur sur le Kazakhstan, géant eurasiatique qui privilégie “de bonnes relations avec les pays occidentaux”. Neuvième pays plus grand du monde, environ cinq fois la taille de la France avec ses 2.724.900 kilomètres carrés ! (“Kazakhstan Begins Construction of Its First Fish Feed Plant”,The Times of Central Asia +True Size of Countries)
# “Visiblement, le Kazakhstan ne souhaite plus être une simple « zone d’influence » disputée par les grandes puissances, mais aspire à devenir un centre de pouvoir indépendant.” Professeure agrégée de science politique et de relations internationales à l’université Nazarbayev d’Astana, Hélène Thibault : « (…) Sur le plan économique, le Kazakhstan maintient une trajectoire de croissance robuste et constante depuis plusieurs années, qui était d’environ 6 % en 2025. (…) la chute des prix de l’uranium et du pétrole a coûté au Kazakhstan la somme colossale de 4,1 milliards de dollars en 2025. (…) le pouvoir d’achat de la population diminue en raison d’un taux d’inflation très élevé (…), ce qui entraîne une hausse assez marquée des prix à la consommation, (…). la devise locale, le tenge, continue de se déprécier d’année en année. (…) » (www.drhelenethibault.com +CÉRIUM -Université de Montréal+Central Eurasian Studies Society -USA+”Why World Depends on Kazakhstan for Uranium”,The Astana Times)
# “Les matières premières critiques, parmi lesquelles les très convoitées terres rares, suscitent de longue date l’intérêt des puissances asiatiques et, certes plus récemment mais à un rythme soutenu, celui de Bruxelles et de Washington.” Vaste comme l’Union européenne, l’Asie centrale (Kazakhstan, Kirghizstan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Turkménistan) est son domaine d’expertise. En 2024, chez Armand Colin, il a publié “Asie centrale. Le réveil”. Chercheur et consultant, co-fondateur de l’Observatoire de la Nouvelle Eurasie, Michaël Levystone a aussi travaillé à l’ambassade de France d’Astana : « (…) Les Occidentaux se heurtent toutefois à un plafond de verre dans le domaine du nucléaire, où la construction de centrales relève encore, en Asie centrale, d’une chasse gardée russo-chinoise, ainsi qu’en atteste le cas du Kazakhstan en 2025 [contrats pour l’entreprise russe “Rosatom” et pour la “Compagnie nucléaire nationale chinoise]. » Un rappel sur « une région qui a payé un lourd tribu environnemental aux excès de la période soviétique : assèchement de la mer d’Aral [“à cheval sur le Kazakhstan et l’Ouzbékistan”], radiations nucléaires du site d’essais de Semipalatinsk [nord-est du Kazakhstan] (…). (www.diploweb.com +IFRI -Paris+Euronews +Babelio +Le Monde +World Nuclear News -London+Novastan.org -Paris/Berlin)
# “L’eau, une limite au développement de l’Asie centrale ?” Géographe de formation et reporter, le russophone Cédric Gras a signé, en 2025 chez Stock, “Les routes de la soif : voyage aux sources de la mer d’Aral” : « (…) un ouvrage stratégique kazakhstanais : le canal Satpaïev. Cette voie artificielle coule plein sud à travers la steppe semi-aride et remonte 450 mètres de dénivelé grâce à des stations de pompage. Son creusement sous l’URSS a permis la conquête des “Terres vierges” et l’approvisionnement des pôles industriels du Nord (…). En 2025, les autorités ont décidé de le prolonger par des aqueducs jusqu’à Astana. La capitale kazakhstanaise a en effet besoin de toujours plus d’eau pour son développement exponentiel. (…) Le Kazakhstan, dont le mix électrique repose encore largement sur le charbon, affiche de très ambitieux objectifs de décarbonation (…). » (L’Express +Benzine Magazine +Images en Bibliothèques -Paris+Radio France +Camille Rhoné-Quer, “L’assèchement de la mer d’Aral: une vieille histoire”, L’Histoire, novembre 2023+Gaël Guichard, “Et la vie revient en mer d’Aral”, GEO, février 2007+merci à Kamila) ***


