Occident – 08-14/06/2026

Charpentier - Portrait de George Sand

Bruxelles, 08-14 juin 2026 / 449

Née en 1804, George Sand mourut il y a 150 ans, le 8 juin 1876. « Il y a toujours eu des femmes d’exception qui sont parvenues à franchir les limites qui leur étaient imposées, comme l’écrivaine George Sand, à une époque où les femmes autrices étaient vouées aux sarcasmes. » (Michelle Perrot, historienne, Le 1 hebdo)

# “Georges Sand ou le scandale de la liberté.” (traduction française au Seuil, 1982) L’écrivain et journaliste américain Joseph Barry (1917-1994), installé en France depuis juin 1944, “a fait un très gros effort d’information et présenté des documents inédits passionnants” (“une documentation exceptionnellement riche”) pour livrer une magnifique biographie de plus de 400 pages : « (…) Georges Sand, descendante d’un roi saxon de Pologne et d’un maître oiselier français, naquit le 1er juillet 1804 dans un quartier pauvre de Paris. Elle s’appelait Aurore Dupin. (…) [elle] écrivit quelque 70 romans et récits plus ou moins volumineux, deux douzaines de pièces et des vingtaines d’essais. Son œuvre intégrale, si elle était réunie, totaliserait pour le moins 150 volumes, dont 25 d’un millier de pages chacun renfermant sa Correspondance. (…) les femmes de la bonne société n’aimaient pas qu’on parle d’elles. Cele ne se faisait pas. (…) ce « G. Sand » était un nom idéal pour quelqu’un qui voulait vivre sans être « ni dame ni monsieur », mais un écrivain parmi les autres. (…) Quant à l’orthographe du prénom, George sans « s » à l’anglaise, on peut y voir un hommage d’Aurore à l’Angleterre, patrie du libéralisme des idées, et au couvent anglais de son adolescence. (…) De même que le fait de s’habiller en homme, s’appeler George permettait à Aurore de s’introduire avec plus de facilité dans une société masculine, tout en restant elle-même, c’est-à-dire une femme, à ses propres yeux comme à ceux de ses compagnons. (…) On ne fait qu’un avec son nom. Mais on devient aussi son nom. C’est une vérité dont on fait l’expérience immédiate. (…) » (Babelio +éditions Points +Romantisme -1986-52+Damien Zanone, “George Sand. L’autobiographie solidaire”, Les Collections du Magazine littéraire, hors-série n°11, mars-avril 2007)

# “Amitiés, liaisons, voyages agitent sa vie.” Sous la direction de la critique littéraire Béatrice Didier, spécialiste de la littérature française des 18ème et 19ème siècles (elle a dirigé l’édition des œuvres complètes de Sand), le volumineux “Dictionnaire universel des littératures” fut publié en 1994, aux Presses Universitaires de France. Sous la signature d’A. (Arlette ? Michel), à l’entrée SAND : « (…) Sans quelle s’inféode aux idéologies “féministes” du romantisme, la première création sandienne proteste contre l’esclavage des femmes qui, mariées sans amour et inexpérimentées, sont victimes de lois faites pour les hommes tandis que l’hypocrisie des mœurs laisse toute licence à l’homme et opprime la femme. (…) Dans “Lélia”, (…) 1833, elle se révolte contre le malheur de la femme de génie condamnée à la solitude. (…) » (www.beatricedidier.fr +www.desfemmes.fr +BnF )

# “Notre devise est liberté !” Dans sa Correspondance, en 1831 : « (…) Vivre ! que c’est doux ! Que c’est bon ! malgré les chagrins, les maris, l’ennui, les dettes, les parents, les cancans, malgré les poignantes douleurs et les fastidieuses tracasseries. Vivre ! c’est enivrant ! Aimer, être aimée ! c’est le bonheur ! c’est le ciel ! Ah ! ma foi, vive la vie d’artiste. (…) » (La Bibliothèque du Soir +UGA Éditions -Université Grenoble Alpes/France +L’Histoire +Martine Reid, “Sand, la patrouilleuse de France”, LML)

# Citation du grand romancier russe Fiodor Dostoïevsky (1821-1881) : « L’une des plus sublimes et des plus belles représentantes de la femme, une femme presque unique par la vigueur de son esprit et de son talent, un nom devenu désormais historique… » (Laffont-Bompiani, “Dictionnaire des Auteurs”, Robert Laffont, 1983) ***

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